Ainsi vont...

Lovée au bastingage d’un piano au fil de longues études classiques, elle finit par hisser son pavillon in-ouie vers des cieux plus déments, mettre la voix, et plonger dans les eaux délicieusement troubles de la chanson et de la comédie, où son charme opère, à chœur ouvert comme en solo. Des bancs dantesques des ACP (Ateliers Chanson de Paris) où elle fait escale deux saisons, elle repart les filets plein de reprises et de premières chansons de son cru.
Et voguent les créations, du Trio JOB revisitant avec gourmandise Brassens jusqu’aux Petits Bretons (album je ne public qui lui vaut un Coup de coeur de l’Académie Charles-Cros), en passant par les groupes vocaux Opus Tribu (feu follet du festival troyen des Nuits de Champagne aux côtés de 800 choristes) et La Tangente (150 concerts savoureux et un cd ad hoc - Alcool ou chocolat - entre mai 2003 et juin 2007).


Vient alors le cap de l’intime, de la terre ferme, celui d’une femme belle et rebelle dans son époque, qui n’envoie pas dire ce qu’elle a sur le cœur et dans la tête. Remarquée aux cabrelissimes Rencontres d’Astaffort 2006 (résidences et concerts à l’appui), lauréate des Grand Prix et Prix du Public du Tremplin Vive la Reprise l’année suivante, Julie Rousseau impose de plus en plus sa personnalité, qu’elle signe seule paroles et musiques ou les confie à d’affûtés complices (Sylvain Tardy, Rémy Galichet…).

 

Voix de source et sentiments à fleur de mots, désormais de plain-pied dans La Cour des grands, Julie exalte (Homme debout), bouleverse (Seule au monde), auto-dérisionne (Le Père Noël) en fille de scène qui conjugue la fluidité musicale de la pop et la densité textuelle de la chanson, entre piano, bugle et guitare.